Comme1Flocon, jeune et ambitieux [PORTRAIT]

  21 octobre 2018 à 4:25

  Pluggé par Osain Vichi

Avant un concert foudroyant pour le MaMA Festival, le rappeur suisse qui répond au nom de Comme1Flocon nous a accordé un peu de son temps pour revenir sur sa jeune mais fructueuse carrière et son avenir, qu’il imagine strictement couronné de succès. Déterminé, talentueux et instinctif, difficile de penser le contraire du lausannois. À la suite de l’électrique ROBOCOP et du fiévreux Salsa, sortis cette année, ne vous méprenez pas, Flocon est le prochain suisse prêt à tout brûler.

“Je ne vais pas commencer à parler de violence ou de drogues parce que je ne suis pas là-dedans”

“Je suis né et j’ai grandi à Lausanne. Ma jeunesse s’est bien passée, je n’ai manqué de rien en Suisse. J’étais dans un environnement assez hip hop : je dansais quand j’étais petit mais je jouais aussi au football.” relate le rappeur, qui rappelle ensuite son attachement à l’authenticité artistique “Le son Cadenas est intime parce que l’histoire vient de moi et concerne une meuf en particulier (rires). (…) Je raconte simplement ce que je vis. Je ne vais pas commencer à parler de violence ou de drogues parce que je ne suis pas là-dedans. Par contre, j’ai un peu plus d’expérience avec les filles. Après ce prochain projet, j’aimerais bien améliorer mon écriture et pourquoi pas dénoncer des faits qui ne me plaisent pas forcément ou qui me dérangent. Pourquoi pas m’engager un peu plus.” Personnel et réaliste dans sa musique tout en proposant une énergie hors du commun, son nom de scène est à l’image de l’helvète “Les gens m’ont donné ce nom, avant mon blaze c’était Neegiz et je trouvais ça trop basique. Après une vidéo snapchat où je faisais des vidéos drôles en train de kiffer dans la neige torse nu, le lendemain tout le monde m’appelait “Flocon” à l’école. Pourquoi pas créer un nom d’artiste autour de ce mot, surtout qu’il me représente bien parce que j’essaie d’amener une certaine fraîcheur dans le rap game.”

Bercé par les classiques du rap américain grâce à son grand frère, Jay-Z, Nas ou encore Mobb Deep, mais aussi de la rumba congolaise, notamment Papa Wemba et Zaiko, Comme1Flocon mêle ces souvenirs musicaux à ses inspirations actuelles telles que Travis Scott, Drake, Migos et toute la new wave issue de Toronto. “J’aime bien aller à l’encontre de ce qui se fait et chercher de nouveaux horizons.” précise-t-il, comme pour rappeler son ipséité à ceux qui l’auraient l’oubliée ou qui ne la connaissent pas encore.

“En 2018 on vend presque plus son image que sa musique”

“J’ai commencé par des petits freestyles dans la chambre avec deux potes d’enfance. Les gens qui écoutaient nos sons trouvaient qu’il y avait pas mal de talent et nous conseillaient d’aller plus loin. On a alors monté un groupe avec Jar Pacino et Magnum Raptor, 3e Mi-Temps. Puis, on a balancé une série d’EPS, fait des premières parties de concerts, etc. On s’est lancé comme ça.” raconte Flocon avec fierté et une once de nostalgie. Plus sombre et agressif à ses débuts, l’artiste a éclairci et épuré son univers sonore pour se lancer seul. L’objectif est tout trouvé : s’imposer dans le rap suisse puis sur la scène francophone. Rappeur, producteur mais également derrière le mix et le mastering de la majorité de ses titres, rien n’est laissé au hasard. “Avant de signer mon contrat, je n’avais pas vraiment de moyens pour sortir des morceaux. Au lieu d’aller payer des gars que je ne connais pour mixer et masteriser mes sons, j’ai appris tout ça de mon côté. C’était chiant mais maintenant j’ai des petites connaissances.” décrypte le lausannois.

Visuellement aussi, tout est pensé et maîtrisé “Pour tous mes visuels, l’idée de base vient de moi. J’essaie de contrôler mon imagerie parce qu’en 2018 on vend presque plus son image que sa musique. Mais j’aime partager cette vision avec d’autres : en ce moment je bosse avec deux amis, Nadia Tarra et Antonin Halm, qui m’aident énormément.” explique Comme1Flocon avant une aparté mode “J’aime m’habiller bizarrement, avec des tenues et des vêtements sophistiqués. Je suis vraiment à fond. Balenciaga ou Chanel au niveau des shoes, ça envoie, je kiffe leurs dad shoes.”

“Si eux (ndlr Slimka, Dimeh, Makala et Pink Flamingo) peuvent le faire, pourquoi pas moi ! La lumière allait tomber sur la Suisse quoiqu’il arrive, après la Belgique c’est à notre tour, sans oublier le Québec. Désormais c’est à nous de garder tous ces projecteurs braqués sur la Suisse.” Audacieux, l’auteur de l’hivernal EP Snow sait, malgré sa fougue, qu’il doit prendre son temps pour arriver là où il veut aller en temps et en heure. “Je ferai mon premier album quand je serai vraiment prêt et établi. Il doit faire “or” direct, tu vois (rires). Mais pour le moment, on ne se précipite pas, je me focalise sur ma recherche artistique et je me donne le temps.” Vivement l’été, pourvu qu’il neige.

Photos by Osain. 

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