French Plug Playlist “Jamaïque”

  24 septembre 2018 à 1:20

  Pluggé par BCBGang

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L’histoire de la musique s’inscrit sur un arbre généalogique.
Cet arbre qui ne cesse de grandir à travers les époques portent plusieurs branches qui se croisent entre elles et forment des sous-groupes.

Lorsqu’on observe bien, chaque courant ou nouvelle tendance musicale emprunte des sonorités déjà existantes. C’est là, la preuve que tous les genres font couler la même sève.

En tant que média hip-hop, porte-parole de la culture, on vous a concocté une petite playlist Reggae et Dancehall pour cette rentrée… Mais d’abord quelques petites précisions s’imposent.

Reggae / Dancehall ? C’est quoi la différence ?

Le reggae dans lequel on inclut les genres comme le ska et le dancehall, est ce style rythmé en provenance des Caraïbes (région d’où provient beaucoup de rappeurs américains comme Lil Wayne, Young Thug, Rihanna ou Nicki Minaj).

On distingue le reggae et le dancehall dans leur forme et dans leur fond.
Si le premier genre (qui est précurseur) est soit très revendicateur d’un état d’esprit, d’idéologies (souvent politique) ou d’une philosophie, le deuxième style a vu son apparition naître à travers des acteurs plus jeunes.
On n’écoute pas du dancehall pour se relaxer ou méditer mais bien évidemment pour “winer” (danser de façon suggestive).

Malgré ces différences de thème, les deux genres se rejoignent quand même dans une forme d’expression qui est le “toast”.
Tout comme le MC rappe, le “toaster” (celui qui chante le reggae ou le dancehall) “toaste”. C’est cette partie ou les chanteurs ou chanteuses débitent sur le beat avec insistance, en employant des figures de styles très imagées (osées, souvent sexuelles) et des multisyllabiques. Ni chanté, ni slammé (puisque le slam est venu bien plus tard), le style du toast a beaucoup été emprunté dans le rap.
Il arrive un moment dans l’interprétation ou l’interprète n’arrive plus à se contenir et ou l’intensité du propos doit se ressentir dans le flow. Le reggae et le rap l’ont bien compris et si l’on veut continuer cette exploration musicale ; le reggaeton est un bon exemple de ces mélanges.
C’est une nouvelle vision de la musique latine faite par la nouvelle génération , mi chantée – mi scandée.

Inspirations et mouvement de populations

Si le reggae prend une part importante dans le rap et plus particulièrement dans celui des US ou anglophone (si l’on veut bien considérer les UK) c’est en raison des flux migratoires.
Comme cité plus haut, beaucoup des rappeurs les plus écoutés ces dernières années sont originaires des îles de la Caraïbes et ces racines sont venues s’implanter dans leur courant musical.

La touche carribéene, dans sa nonchalance et ses facilités mélodiques a pris d’assaut le rap. Et même dans la manière de créer, certains aspects ont été conservés.

Par exemple, on sait que certains rappeurs d’Atlanta comme Young Thug ou Gunna procèdent en studio sur la base de riddim.
Le riddim c’est l’instru dans l’univers dancehall. Dans les mixtapes, les artistes peuvent se succéder à poser sur une même production (souvent un hit du moment), chacun à sa manière.

Beaucoup de “trappeurs” fonctionnent de la même manière. Dans les studios, ils écoutent les productions en boucle et posent dessus non stop, afin de s’accaparer les prods’ et trouver les mélodies les plus accrocheuses. Cela explique la monstruosité d’un Thugger a toujours surprendre par ses changements de flow (comme les toaster de Kingston).

A présent vous en connaissez un peu plus sur le sujet.
On vous laisse profiter des derniers jours avant l’automne avec une playlist haute en couleur et en énergie.
Direction, Kingston (Mavado, Busy Signal, Popcaan), Martinique (Kalash), Londres (Octavian, Stefflon Don) et New York (Nicki Minaj et une rappeuse très prometteuse : JunglePussy).

La playlist :

https://itunes.apple.com/fr/playlist/youth/pl.u-qxylEeXI2BW555K

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